Déjà deux ans.
Comment ça va du firmament?
Ici, ça va. Oui, ça va.
Le temps ne perd pas de temps.
Il recouvre d'hiver ma barbe tranquillement,
Fait grandir les enfants
Et vieillir trop vite leurs parents.
Il ne faut pas être pressé
Pour bien en profiter.
Mais ça, tu le savais.
Oh oui, tu le savais.
Moi que tu appelais
Ton vieil ami pressé,
J'ai ralenti...
Et oui, ma vie aussi.
C'est dur à croire.
Mais il faut le voir.
J'ai retrouvé l'bonheur.
Il était juste là,
Au fond de mon cœur.
Lui, est encore un peu brisé.
Car, sans crier gare,
Tu as pris ton train
Vers ce terminus sans lendemain.
Et sans ce billet noir,
Impossible d'aller te voir,
Ni te parler, t'écrire ou te lire.
Je te rassure, je reste ici,
Avec ma famille et mes vieux amis.
On prend du bon temps,
Pendant qu'il est encore temps.
J'ai encore du bien à semer
Avant mon dernier printemps.
Toujours prospecteur de bons mots,
J'ai fait mes devoirs.
Tu te souviens de ce texte sur le temps?
J'ai enfin réussi la réduction.
Il est devenu chanson.
Mais mon professeur n'est plus.
Toi, le maestro des mots.
Mes mots sont devenus paroles,
Portés par l'encre de mes pensées,
Orphelins de musique et de voix.
Peux-tu mettre quelqu'un sur ma voie?
Orgueil mal placé?
Ou désir sincère
De faire du bien
Avec mes mots tissés?
Je me méfie encore
Du jeune arrogant
Assoiffé de reconnaissance
Et de grandeur.
Je n'ai qu'espoir
Que les graines savamment semées
Dans les champs en friche de ma jeunesse,
Par toi, coiffé de ton chapeau de jardinier,
Fleurissent encore au bon moment,
Étouffant les herbes fourbes de mes défauts,
En hommage à ton labeur.
Encrée de mes larmes,
Aujourd'hui, ma plume s'adresse à toi.
À bientôt,
Mon vieil ami.
On se reparle dans un an...
Ou dans mon auto,
Lorsque tout devient un peu trop
Et que ton absence
Pèse beaucoup trop.